
La diversité du monde
L’Assemblée Générale de SYNADIET qui s’est tenue le 24 janvier revêt deux aspects. C’est tout d’abord une réussite, le rapprochement des deux entités représentatives des compléments alimentaires en France. C’est aussi, et surtout, le début d’une nouvelle étape.
Ce qui n’était qu’une hypothèse il y a un an est devenu réalité. SYNADIET est maintenant le Syndicat National des Compléments Alimentaires. Cette union des forces, ce partage des expériences, est à proprement parler exemplaire, ainsi que l’ont souligné plusieurs intervenants.
C’est bien - mais ce n’est pas tout.
L’environnement est là qui nous rappelle que les faits sont, parfois, têtus.
Les défis
L’année 2011 se termine avec plusieurs points d’interrogation, aux niveaux national et européen.
► En France, les fameux arrêtés Substances et Plantes ne sont toujours pas parus. Pourtant, ils étaient prévus par le décret de transposition de 2006. L’idée était bonne, qui prévoyait la publication dans les douze mois de la liste des ingrédients utilisables dans les compléments alimentaires et sa mise à jour ultérieure à une même cadence.
Cela devait permettre à tous, autorités de tutelle, professionnels et consommateurs, de connaître les règles du jeu. De sortir, pour les premiers, du pré carré français, pour les seconds de l’insécurité juridique, et pour les troisièmes de l’incompréhension devant le flou réglementaire.
Nous allons fêter dans quelques jours les 10 ans de la publication de la Directive Européenne. Et sa transposition en droit interne n’est toujours pas finalisée.
► A Bruxelles, le premier lot d’avis sur les allégations a été adopté le 5 décembre par le CP CASA, c’est-à-dire un des comités permanents de la Commission Européenne. Si le processus se poursuit, cela signifierait que 95% des demandes d’allégations ont été refusées et que seuls vitamines et minéraux tirent leur épingle du jeu.
Les enjeux
Le 30 septembre 2010, l’EFSA a décidé de reporter l’examen des allégations sur les plantes à 2012, une fois entériné son premier lot d’avis sur les vitamines, minéraux et autres substances. Or la méthode retenue est qualifiée d’inappropriée. Pour le moins. Mis à part des avis qui prêteraient à rire tellement ils sont contraires au bon sens, à la tradition ou à de simples études observationnelles, on peut s’interroger sur le bénéfice que vont en retirer les consommateurs européens : pour toutes les allégations non autorisées, plus rien ne pourra être dit, à part la composition.
Ce résultat est à l’opposé de ce pourquoi le Règlement allégations avait été voté : donner une information claire et fondée au consommateur moyen. En outre, l’EFSA a harmonisé des allégations sur des ingrédients dont la teneur ou l’utilisation ne sont pas eux-mêmes harmonisés. Que va-t-il se passer quand les plantes seront examinées ?
L’impact économique, dans l’immédiat, va être redoutablement négatif. Les entreprises, en majorité des PME, vont devoir refaire la totalité de leurs conditionnements et, parfois, leurs formulations pour pouvoir se raccrocher à une allégation autorisée. La recherche est au point mort. Le développement de nouveaux produits est à l’arrêt. Certains emplois sont déjà menacés.
Il nous faut reprendre cet écheveau et le remettre dans une perspective saine, celle que privilégient SYNADIET et DGCCRF. Pour être suivie et respectée, une réglementation doit être le résultat conjoint du travail et du dialogue entre professionnels et autorités de tutelle. Dans l’intérêt des consommateurs.
Souhaitons que, pour les experts, le chemin de Bruxelles, ou de Parme - où siège l’EFSA – devienne, comme pour St Paul, leur chemin de Damas : qu’ils y trouvent la lumière – et la sagesse.
Alban MAGGIAR
24.02.2012
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